02 Jan
02Jan


Il est des voix
que le frémissement recueille
comme une offrande —
elles ne restent pas,
elles nous traversent,
et c’est pour toujours.

— flora aubin


Il ne m’a jamais parlé.
Pourtant sa voix m’atteint
quand le monde hésite.

Il pensait
comme on veille un feu —
avec l’attention d’un vivant
au bord du mystère.

Chez lui,
le mot s’incline.
Le temps aussi.

Dans cette lenteur,
quelque chose s’ouvre :
fragile, incandescent,
douloureusement humain.

Il a su approcher l’amour
sans le réduire.
L’éthique
sans l’ériger.

Je n’ai rien à ajouter.
Mais j’aurais aimé sa présence.

Il est de ces hommes rares
que l’on aime
d’un amour sans objet —
une reconnaissance nue.

Certains êtres
nous relient à ce que le monde
n’ose plus dire.

Je le remercie
pour ce tremblement laissé.

© flora aubin 2026 – Tous droits réservés



 Vladimir Jankélévitch, photographie issue des archives INA ou Getty Images — droits réservés au détenteur.                        Utilisation à titre illustratif et hommage. © Sophie Bassouls