Il est des voix
que le frémissement recueille
comme une offrande —
elles ne restent pas,
elles nous traversent,
et c’est pour toujours.
— flora aubin
Il ne m’a jamais parlé.
Pourtant sa voix m’atteint
quand le monde hésite.
Il pensait
comme on veille un feu —
avec l’attention d’un vivant
au bord du mystère.
Chez lui,
le mot s’incline.
Le temps aussi.
Dans cette lenteur,
quelque chose s’ouvre :
fragile, incandescent,
douloureusement humain.
Il a su approcher l’amour
sans le réduire.
L’éthique
sans l’ériger.
Je n’ai rien à ajouter.
Mais j’aurais aimé sa présence.
Il est de ces hommes rares
que l’on aime
d’un amour sans objet —
une reconnaissance nue.
Certains êtres
nous relient à ce que le monde
n’ose plus dire.
Je le remercie
pour ce tremblement laissé.
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Vladimir Jankélévitch, photographie issue des archives INA ou Getty Images — droits réservés au détenteur. Utilisation à titre illustratif et hommage. © Sophie Bassouls