02 Nov
02Nov

Être au monde, c’est d’abord un lent processus intérieur : une alchimie de clarté qui cherche sa forme vivante dans l’expérience.

Être au monde demande du temps, car il ne s’agit pas de “faire sa place”, mais de reconnaître qu’une place est déjà là, inaperçue, en attente d’être habitée par l’être réel. Et ce passage — de l’intérieur vers l’apparition — se tisse dans des gestes minuscules : accepter une sensation, écouter une nuance, orienter légèrement son regard. L’alignement n’est jamais un coup de force. Il ressemble davantage à une infime torsion du réel intérieur, qui soudain se retourne du bon côté.

Il avance par soubresauts, comme un accouchement du réel — par infimes ouvertures, par subtiles inflexions.

Car l’être au monde ne cherche pas la perfection. Il cherche la justesse. 

Cette justesse-là ne s’obtient jamais par effort ou volonté.

Elle se dépose par sédimentation — exactement à l’endroit où l’être accepte de renoncer à manipuler sa propre image.

Alors quelque chose se décante.

Et le geste se simplifie, jusqu’à ce qu’il devienne un acte réel, accordé à la note intime qui nous traverse.

Et peut-être que toi aussi, tu le reconnais.

Ce moment où quelque chose en toi se retourne doucement du bon côté, sans bruit. 

Ce moment où tu sens que la vie n’a pas besoin d’être conquise,
mais simplement rejointe — depuis ta source intérieure.

Être au monde commence là.

Dans ce presque rien
où un nouveau rapport à la réalité 

est en train de naître en toi.

~ᵒ

Lire la porte III Le silence habité :

https://www.floraubin.com/blog/iii-le-silence-habit%C3%A9




 

Peinture de Fabienne Verdier