lorsque le matin s'ouvre
lI y a d’abord
ce presque-rien
une déchirure très fine
dans le tissu de la nuit
quelque chose passe
un murmure ancien
qui ne parle qu’aux âmes assez lentes
pour l’entendre
le ciel naît
comme une encre qui se dilue
dans une eau d’autrefois
portant encore la mémoire
d’un rêve abandonné
et tout ce qui se lève
— pierre, oiseau, silence —
semble retenu par une main invisible
une main qui hésite
à dévoiler entièrement le monde
dans cette hésitation sacrée
le réel vacille
et je sens
qu’il existe une porte
quelque part dans l’air clair
une porte minuscule
par où glisse
le souffle du mystère
et moi
immobile sur le seuil
j’attends
d’être reconnue
par la lumière qui revient
~o
