15 Nov
15Nov


lorsque le matin s'ouvre

lI y a d’abord
ce presque-rien
une déchirure très fine 

dans le tissu de la nuit


quelque chose passe
un murmure ancien
qui ne parle qu’aux âmes assez lentes 

pour l’entendre


le ciel naît
comme une encre qui se dilue 

dans une eau d’autrefois 

portant encore la mémoire 

d’un rêve abandonné


et tout ce qui se lève
— pierre, oiseau, silence —
semble retenu par une main invisible 

une main qui hésite
à dévoiler entièrement le monde


dans cette hésitation sacrée 

le réel vacille
et je sens
qu’il existe une porte

quelque part dans l’air clair


une porte minuscule 

par où glisse
le souffle du mystère


et moi
immobile sur le seuil 

j’attends
d’être reconnue
par la lumière qui revient

~o